Article regard citoyen

Axe de débats et réflexions

  •   Société de processus capitaliste, auberge à délinquants ?
  • Prédisposition naturelle à une répression guillotine

“La culture de l’excuse qui revient donc au galop comme au début de l’ère mitterrandienne ”

D’un citoyen inconnu en mode double verrou

Qui n’a pas posé ses yeux sur un mur de prison et ressenti ce malaise d’incompréhension de vies gâchées entre quatre murs ? Certainement un mal pour un bien, certainement un partenaire inévitable de notre sécurité, certainement le réceptacle incontournable d’une vie purgative; mais devant ces certitudes, une question tend à frontaliser les consciences ou à jouer des nuances d’un déterminisme candide au fatalisme malsain :  la délinquance est-elle consubstantielle à l’espèce humaine ou est-elle le résultat d’une structuration sociétale qui aiguiserait les privations  et les frustrations ?

Shadow

Examen blanc de conscience

Sommes-nous des délinquants quand nous restons impassibles ou détachés devant une personne miséreuse et anémiée dans son duvet haillonneux sur les trottoirs de nos arrondissements ? Non !   Jacques le Fataliste me l’a assuré, c’est le cours de la fatalité du déveinard, un recalé de la loi du mérite ou de la bonne fortune ! C’est consigné sur le grand rouleau :  le malheur est écrit là-haut…j’ai ma conscience pour moi !

Et j’ai comme vous cette fraternité et solidarité transcendantales, celles écrites en lettres dorées qui ornent nos monuments et qui se reflètent dans nos yeux mutuellement. Et j’ai comme vous la pièce facile et donnée avec bénédiction et satisfaction. Cette absolution incantatoire exorcisant le mal par le mal  ! Un pater d’empathie certes avec sa petite ligne de démarcation :  pas touche à mes restos, mon sacro-saint quotidien de confort, mon IRFM, ma retraite-chapeau, mes cours de golf, mon prochain costard sur mesure, mes vacances de baigneur…  ! Bref, je suis un Solidariseur positif autant que vous.

Notre histoire économique , ferment d'une délinquance endémique ?

Avons-nous creusé toute la question ? Connaissons-nous le pourcentage de délinquance dans les 1 % les plus riches qui posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale. Où est l’icône de la logique d’excuse pour cette petite mission à la débotté ? Mr Robert Badinter un petit encas ?

De même, avons-nous anatomisé toute la panoplie des chiffres de ce mal chronique ? Cherchons le politique comme G Fenech, classieux de son état et apôtre de la pensée pénale sarkosyste , « 2002 et jusqu’en 2012, que la délinquance toute confondue a enfin baissé de 16 % » et soyons plus précis : ajoutons-y 4% si le juge d’instruction avait été mis au rebut. Dommage !

Cet émerveillement devant ce défilement de chiffres en la matière qui s’enorgueillissent d’une complétude et d’une exactitude à toute épreuve me rassure quant à la politique à tenir; prônons rapidement le retour à l’ordalie,  la peine des galères et militons par  la réimpression du marteau des sorcières. Faisons l’apologie de la sanction emblématique, celle qui magnifie les tautologies  « punir sans comprendre » et « punir sans individualisation ».

Pourtant, il y a toujours des constantes tenaces et infrangibles : cherchez la misère, vous trouverez la délinquance; cherchez  l’exclusion vous trouverez la délinquance; on connait la réponse et comme le soulignait Bernard Maris « de quoi parle l’économie? Du partage. Du partage de la richesse. Qui regarde le gâteau, qui tient le couteau ? » Une simple question de répartition soit ! Mais certainement pas si simple à résoudre pour les formés à la thésaurisation ou à l’utilitarisme de la jouissance personnelle.

Pourtant encore, les sociologues ou les historiens du droit  en cœur nous l’expliquent sans relâche. La délinquance se déplace avec les valeurs de notre société, un kyste mondialisé qui opère des mutations de profit et de paradigme; une loi du 15 février 1942 concevait l’avortement comme un crime contre la sûreté de l’État. Elle s’éclipse avec les temps de solidarité qui triomphent des grandes épreuves d’un pays grâce à une fraternité qui exalte le partage et la bienveillance à l’autre.

Toujours est-il que les questions demeurent et divisent : faut-il appréhender le condamnable par le prisme  d’une société dédaigneusement indifférente et individualiste ou le rattacher à sa plus expression d’individu stricto sensu porteur du gêne de délinquant ? Faut-il, dans les tréfonds de notre intime humanité, se déterminer comme sermonnaire d’une protection de la société et d’élimination du coupable ou d’œuvrer à le resocialiser. C’est un positionnement qui a fait naître de nombreux courants politiques antinomiques.

Mais le resocialiser, c’est se frotter à l’arithmétique des  moyens et des coûts  : le former, le loger, l’assister, l’aider à reprendre une vie normale,  et c’est, en corollaire, attiser la grise mine de ma feuille d’impôt ou alors la nécessité d’opérer une filiation politique à ceux qui militent pour un rôle très circonscrit de l’État.

Chacun a son ou ses marqueurs symbolisant une société en bonne santé et dans le cadre du « prévention-réinsertion », un taux de récidive avoisinant les 0% devrait être l’indicateur noble dont un État devrait s’enorgueillir alors qu’il se délite  dans d’innombrables missions qui l’éloignent des priorités de sa vocation première.

Fatalité d'une multiplication récurrente de notre arsenal répressif ?

En attendant, comptons les points : loi anti-casseurs, quartier de haute sécurité, cour d’assises spéciale pour juger les terroristes, instauration de la procédure  de comparution immédiate, généralisation des peine de sureté, programme habitat vie social,…. et maintenant la dernière mouture : la déchéance de nationalité et la prochaine : la déchéance de l’apatride puis la déchéance du rien.

Et du rien nul besoin de réflexions sur nos propres inconséquences, nos propres déviances ou notre naturel égotiste qui ne mégote pas sur l’acquis de nos petits conforts et privilèges.
L’arsenal a donc failli grossir d’une déchéance de nationalité, une pantalonnade voulant créer un ovni apatride et nous faire cogiter dans le futur sous ce  rapport oxymorique  d’une nationalité apatride. Je relèverai simplement combien cette bouffonnerie caractérise le niais, le stupide, ce que je développerai dans un prochain billet.

Le prisme d'une vision politique

L‘étude de la science pénale ou criminelle et les réponses apportées est une ligne de fracture tangible droite – gauche qui entache cette affirmation « modemesque » de nier que la politique n’est pas une confrontation d’idées et de logique voire une lutte pour tirer la couverture à soi en fonction des ses propres intérêts du moment.

Punir pour repunir ou punir pour ne plus à avoir à punir, c’est une vision centrale qui  a alimenté  de bons débats politiques et des réponses à des problèmes avec une causalité établie et saine et le pire avait été évité d’une qualification exclusive de peine symbolique car la peine déconnectée de sa raison première l’efficience est une perversion indigne de nos valeurs républicaines.

Shadow

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