Un jour, un événement : Paris, le 14 juillet...

DANS LA COLLECTION UN JOUR, UNE ENVIE

D’un citoyen inconnu en mode sans-soif-ni-faim

Il y a des domaines dans ma vie pour lesquels on a une certaine jubilation à s’ignorer allégrement : le feu d’artifice et moi, … c’est en filigrane, pour moi, ce relent récurrent de partie de foule à foule, d’un espace vital rendu sensible à la transpiration, à la pression adipeuse, à la torture auditive ou encore plus personnellement à ce talent jalousé d’un poète argentin (non ! pas de nom ! non !) subtilement inspiré par « ces chants émaillés faisant danser la nuit ». Bref il y a eu foule d’énergie autour de moi pour me convaincre de passer d’idées fixes à 3/4 fixes et d’aller arpenter les artères souterraines de Paris en hématie des appointements des exploiteurs du Métropolitain.

Qui disait qu’il y avait plus de dureté à survivre au milieu d’un foule compacte que de tourner dans The Island ? Cette émission à haute valeur neuronale où les cervelles des bellâtres se mirent à jaillir en coeur d’un « il est dur de vivre sans se nourrir ».

Touché existentiellement ! Les présocatiques d’avant J.C. au pilori devant cette fertilité de notre nouveau siècle. Je ne sais pas si le XXI s° sera religieux (comme le prédisait une citation apocryphe de Malraux) mais je doute qu’il s’enorgueillisse d’une distinction philosophique au vu de notre quotidien télévisuel. De toute façon et de façon plus prosaïque, je parierai qu’il sera avant tout numérique….Le débat est-il clos ? Diantre ! Diable ! Serais-je en train de m’éloigner du sujet, de sortir de l’orbite ? Je retourne à nos moutons tonds sans passer par la case départ.

Au loin mon tatouage national virtuel : la Tour Eiffel

  • I live in Paris
  • Oh Great Tour Eiffel ! , Tut Effel !, Fouifel ! ….

Toujours surpris à l’étranger par cette fascination pour cette horreur ferrugineuse ! Nous sommes des Tour Eiffel ambulantes !

Bref me voilà calé devant la Tour Eiffel, derrière l’Ecole Militaire, le lieu de mon service militaire où j’atteris par erreur d’aiguillage au milieu des pistonnés ou de ces gourous des réseaux de la République, de tous ces fils de… les toujours absents.

Que de souvenirs ! Qu’il était beau ce discours de cette aspirant-lieutenant ayant passé trente ans à s’exécuter avec révérence afin de rayer « sous » de son corps de grade. Manger au Mess des officiers, c’était l’apothéose et sa quête du Graal ; donc un discours à l’amplitude universelle, « imaginiez-vous, un jour, incarner cette chance de toucher la réalité pragmatique du mot Egalité chérie par notre République ? » Oui ! c’était le service national avec sa mission exemplaire de brassage social, le TOUS à la même enseigne !

« Je laisse la main de la République intégrer nos chères têtes blondes…. » Bien sûr Monsieur le politicien.

Toujours-est-il que dès ma première expérience dans cette suite étatique des appelés, j’y gagna une défiance pathologique envers les rouages de notre belle République et de ses représentants. Je reste marqué par cette scène de magouilles et de passe-droits voire d’intolérance si bien qu’aujourd’hui encore et malgré moi, je me sens redevable de ceux, hors système, qui ont perdu leur année à polir de leur ennui leur guérite de sécurité. Mais comme me disait un Général à qui il fallait descendre son pack de bière éclusé de la journée dans les poubelles discrètes de cette institution « les appelés de merde dans leurs guérites et qu’ils nous emmerdent pas ! »

Enfin, institution supprimée me direz-vous ! Virtus junxit mors non separabit et un micro satisfecit au plus grand mafieu de notre République !

Recentrons-nous avant l’énervement !

Bon, je suis prêt à subir l’artillerie lourde : des bleus, des rouges, des « bleuges », des verdâtres, des jaunes pales ou jaunes hagards avec cet éventail de pétarades à réveiller nos aïeuls.

Une sono impressionnante, une Tour Eiffel qui grésille de lumières, des drapeaux qui s’illuminent en surimpression.

Et puis surprise et bonne surprise, une ritournelle d’illuminations bien synchronisées, un pizzicato d’étincellement, un jeu de courbes fluides aussi sensuel qu’une silhouette de femme en mode séduction, des tableaux bornés par des temps musicaux; tout s’enchaîne féériquement ni dans le trop chargé, ni dans le fond sonore coutumier d’explosion de décibels; j’y décèle même une ambiance poétique qu’environne la part des anges.

Je m’y suis laissé prendre et une demi-heure après cela sonnait le glas de notre indifférence : il y a eu réconciliation et même rancard pour l’année prochaine.

LA PREUVE

DONT ACTE ….